Groupement Transfrontalier

Les HUG dérapent, Genève chute !

Que penser de l’annonce faite par le directeur des Hôpitaux universitaires de Genève, lors d’une réunion des cadres dirigeants de l’entreprise annonçant qu’il favorisera désormais les résidents lors de nominations, au détriment des frontaliers qu’il soient européens, ou suisses d’ailleurs ? D’abord de l’incrédulité. Comment un dirigeant de cette dimension peut annoncer publiquement une telle mesure alors que près de la moitié de ses salariés sont des frontaliers ? Il s’agit là d’une injure directe qui leur est faite par leur grand patron. Que va penser un infirmier ou une infirmière, qui depuis des années, soigne avec dévouement des malades, suisses ou étrangers, et à qui on annonce qu’il ne pourra désormais plus accéder à un poste supérieur, tout simplement parce qu’il ou elle est frontalier ? Comment maintenir une cohésion et une motivation dans les équipes alors que l’on sait désormais que les chefs sont nommés, non pas en faveur de leurs compétences professionnelles, mais de leur lieu de résidence. Pourquoi une telle décision ? Dans l’article de la Tribune de Genève, Monsieur Gruson dit avoir reçu des plaintes de collaborateurs reprochant le trop grand nombre de frontaliers aux postes de dirigeants. Mais depuis quand un dirigeant d’une entreprise de 10 000 salariés gère en fonction des récriminations des uns et des autres ? Si demain, certains de ses collaborateurs se plaignent qu’il y a trop de femmes, ou trop de noirs, Monsieur Gruson va annoncer là aussi des restrictions ? Monsieur Gruson oublie qu’il a été frontalier et que, malgré cette tare, il a pu évoluer professionnellement ! Malheureusement, ce type de position ne cesse de développer un climat malsain à Genève. Malsain pour les frontaliers mais pas seulement. Où est passée la Genève internationale, ouverte et tolérante ? Monter les populations les unes contre les autres, développer ostensiblement une stratégie de bouc émissaire n’a jamais été un signe d’évolution positive. Il y a trop d’exemples dans l’histoire pour montrer combien ce chemin peut être dangereux. En voulant suivre les thèses les plus extrêmes, le canton de Genève est en train de perdre son âme ! Le Groupement transfrontalier européen regrette profondément la direction prise par le canton. Elle va à l’encontre des intérêts de Genève, et de l’ensemble de la région frontalière. Genève ne peut vivre sans ses voisins et sa politique ne fait que cristalliser les tensions de part et d’autre. Nous allons vers des lendemains difficiles. Le Groupement transfrontalier européen va écrire à la Confédération et au comité mixte de la commission européenne chargée du suivi des accords bilatéraux.
Article paru le 01.03.2012
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