Groupement Transfrontalier

Lettre ouverte à nos amis genevois

Cher (e) voisin (e), cher(e) collègue Il y a quelques semaines, les travailleurs frontaliers ont été victimes d’attaques de la part de certains partis populistes et xénophobes à Genève. La grande majorité des travailleurs frontaliers ne sont pas «des personnes arrogantes, critiquant la Suisse et dont le sport favori est de licencier des Suisses pour mettre à la place des frontaliers», comme nous avons pu le lire ! Beaucoup d’entres nous se sont sentis blessés par cette campagne haineuse qui ne correspond en rien à ce que nous connaissons des Genevois. Si nous sommes venus travailler à Genève c’est bien pour répondre à la demande des entreprises du canton. Grâce à notre apport, l’économie genevoise a pu se développer, créer de la richesse et des emplois au profit aussi de nos collègues suisses. De nombreuses contrevérités ont circulé et il nous semble important d’apporter quelques faits. • 80 000 travailleurs passent chaque jour la frontière. 30 000 d’entre eux sont de nationalité suisse et ont choisi la France voisine pour se loger. • Les frontaliers paient leurs impôts à Genève. Ce sont ainsi 600 millions qui restent dans les caisses de l’Etat. 600 millions, cela représente l’équivalent du fonctionnement des Hôpitaux universitaires. • Il est exact que le canton reverse 180 millions de francs à la France. Ces fonds permettent aux communes et aux départements français de financer les aménagements nécessaires à la vie de cette population. Si Genève devait héberger, scolariser, former, et soigner l’équivalent de 80 000 travailleurs et leur famille, le coût serait sans comparaison ! Il est bien évident qu’un phénomène d’une telle ampleur génère des effets négatifs. Les transports en sont un exemple et nous comprenons et partageons les désagréments que les flux de voitures occasionnent. Nous comprenons l’inquiétude des Genevois face à l’emploi, nous avons la même. 5.000 d’entres nous ont perdu leur emploi à Genève et sont inscrits au chômage. Chômage qui ne coûte rien à la Suisse. L’essor de notre territoire ne peut qu’être transfrontalier et c’est ensemble et au profit de tous que nous construisons l’avenir de notre si belle région. Installé dans notre région, Voltaire a écrit que «la seule paix perpétuelle qui puisse être établie chez les hommes est la tolérance». A méditer ensemble. Michel Charrat Président du Groupement transfrontalier européen Imprimer l’article