Le rêve de Monsieur Hulot - La chronique du GTE

Lundi 29 Mai 2017

Le rêve de Monsieur Hulot - La chronique du GTE

 

29/05/2017

Dans son grand imperméable, la pipe à la bouche, son chapeau bien en place, Monsieur Hulot marche à grandes enjambées et laisse son esprit vagabonder. Il rêve.

Il rêve que le peuple français, conscient des enjeux écologiques, de la nécessité d’agir et empreint d’une volonté d’action a choisi, de sortir du nucléaire.

Cet espoir fou qui anime Monsieur Hulot, les Suisses viennent de le faire. Il y a une semaine, le peuple helvète a voté à plus de 58% pour sortir du nucléaire.

Monsieur Hulot entend déjà les commentaires acerbes ou ironiques qui ne vont pas manquer : « Ils vont acheter l’énergie de nos centrales nucléaires en France, ils vont s’éclairer à la bougie… » C’est oublier un peu vite que les Suisses ont une vision à long terme sur ce type de projet.

Pour s’en convaincre, il suffit de prendre l’exemple du transport routier. Il y a un peu plus de 20 ans, les Suisses ont voté pour le développement du ferroutage. Il leur aura fallu deux décennies de travaux colossaux pour mettre en œuvre la traversée intégrale du pays par les trains de marchandises. A compter de l’année prochaine, plus aucun camion ne traversera le pays. Il devra être chargé sur un train à son entrée et sera amené de l’autre côté du pays.

Pour le nucléaire la logique est la même. L’objectif est fixé à 2050. D’ici là, la feuille de route est claire : la consommation annuelle d’énergie devra baisser de 43% par rapport à 2000, celle d’électricité de 13%. Un pari fou, d’autant qu’il faudra fermer et démonter les 4 centrales du pays.

Pour réussir, nos voisins vont s’appuyer sur l’énergie hydraulique, l’éolien mais aussi sur un vaste programme d’économie d’énergie. Dans 33 ans nous saurons si le pari est réussi !

Monsieur Hulot poursuit sa rêverie. Il n’est plus au bord du lac Léman mais à Paris, sur les quais de Seine. Ce ne sont plus les Suisses qui se sont engagés dans la voie de la transition énergétique mais les Français.

Monsieur Hulot est arrivé devant son ministère, Nicolas a fini de rêver : il va devoir convaincre et il le sait bien, le combat sera rude !

Rédigé par Jean-François Besson, Secrétaire général du GTE, et publié sur le Dauphiné Libéré#LaChroniqueDuFrontalier.

 

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