Santé transfrontalière : je t'aime moi non plus !

Lundi 09 Octobre 2017

Santé transfrontalière : je t'aime moi non plus !

 

09/10/2017

La question d’une organisation de la santé transfrontalière va-t-elle renaître ? C’est du moins ce qui semble ressortir à la lecture d’un point de vue paru dans la Tribune de Genève du Conseiller d’Etat genevois Mauro Poggia. Un débat qui n’a cessé d’alimenter les tensions, dans notre région, depuis des années. Il faut bien reconnaître que, en la matière, chacun agit à l’aune de ses intérêts, sans guère se préoccuper du voisin.

Ainsi, Genève n’a cessé de débaucher du personnel médical sans vergogne, répondant avec  condescendance à la colère des hôpitaux français, souvent découragés par le départ de leur personnel. De même, le Canton n’a jamais voulu appliquer aux travailleurs frontaliers hospitalisés le tarif cantonal, alors que ce sont des contribuables à part entière.

Mais la France, elle aussi, n’a pas cherché à développer une collaboration efficace avec les structures hospitalières existantes chez nos voisins. Le ministère de la Santé a totalement ignoré cette opportunité, préférant investir dans une offre hospitalière locale fort coûteuse. Il en va de même avec la suppression de l’assurance maladie privée pour les travailleurs frontaliers coupant les hôpitaux genevois d’une partie de leur clientèle.

Aujourd’hui, la situation pourrait évoluer. Un accord cadre sur la coopération sanitaire transfrontalière devrait être conclu entre le Canton et l’Agence Régionale de Santé. Une opportunité réelle à saisir. Pour que cela fonctionne, il faudra que l’ARS puisse développer une vision locale, sans centralisme parisien ou lyonnais et que Genève adopte une politique d’intérêts communs et partagés. Soyons franc, le challenge n’est pas gagné d’avance !

Un exemple : le canton lorgne sur la France voisine pour implanter des maisons de retraite destinées aux résidents genevois. L’idée est claire, diminuer les coûts avec du personnel moins cher et des frais d’infrastructure plus bas. Pourquoi pas, mais cela doit se faire avec une volonté affirmée de partage : les résidents venant des deux côtés de la frontière. Dans le cas contraire  nous risquons de voir ces maisons de retraite frontalière accessibles uniquement aux Suisses.

 

Rédigé par Jean-François Besson, Secrétaire général du GTE, et publié sur le Dauphiné Libéré.  #LaChroniqueDuFrontalier.

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