Vaud drague les entreprises

Lundi 06 Novembre 2017

Vaud drague les entreprises

 

06/11/2017

En matière de fiscalité, les Etats, y compris la Suisse, ne font pas facilement de cadeau ! Et pourtant, notre voisin vaudois s’apprête à faire un véritable cadeau fiscal à ses entreprises et ce grâce à l’Union européenne.

Pour comprendre, il faut savoir que les Cantons sont souverains en matière de fiscalité et qu’ils déterminent leurs propres règles. La conséquence de ce système étant qu’ils ont offert des avantages fiscaux très intéressants aux entreprises venant s’installer sur leur territoire. L’impôt sur les bénéfices pouvait ainsi varier de 6 à plus de 20%. Une pratique qui, dans un contexte de crise internationale est devenue inacceptable aux yeux des pays de l’Union européenne et de l’OCDE.

Résultat, il a été demandé à la Suisse d’appliquer un taux identique pour toutes les entreprises installées sur son territoire. Les cantons doivent donc unifier leur taux d’imposition sur les bénéfices des entreprises. Et le canton de Vaud vient de marquer un grand coup en annonçant que dès 2019, le taux d’imposition passera de 20,95% à 13,79%. Une décision d’autant plus étonnante pour un canton dont l’exécutif est à gauche !

Comme toujours lors d’une réforme fiscale, il y a les gagnants et les perdants. Les perdants rassemblent plutôt les multinationales étrangères qui bénéficiaient de forfaits spéciaux. Mais d’après les spécialistes, cette évolution modérée ne devrait pas remettre en cause leur pérennité en Suisse. Les grands gagnants sont les entreprises vaudoises, actives principalement sur le marché intérieur et qui passeront d’un taux de 21 à 13%.

Autre grand perdant pour l’instant ; le canton de Genève qui, pourtant avec une majorité de droite, n’a pas réussi à mettre en place sa réforme. Il faut dire quand même que la situation financière du canton de Vaud semble bien meilleure que celle de Genève. Le canton de Vaud a les moyens de dynamiser ses entreprises, en espérant un retour en investissements sur place. Genève, pris de court, n’a plus qu’à espérer que ses entreprises ne passent pas la frontière cantonale !

 

Rédigé par Jean-François Besson, Secrétaire général du GTE, et publié sur le Dauphiné Libéré.  #LaChroniqueDuFrontalier.

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