Le light made in Swiss

Mardi 13 Février 2018

Le light made in Swiss

 

13/02/2018

Il fallait l'oser, nos voisins vont le faire : le 1er juillet prochain, ils instaurent la préférence indigène light ! Autant vous dire que pour arriver à cette définition, il en fallu des circonvolutions. Les mots ont toujours un sens. Préférence ne pose pas de problème, indigène devrait s'appliquer au résident dans le pays, par contre light interpelle. Les indigènes devront-ils se mettre au régime ? Nos voisins vont-ils devoir renoncer à la fondue ou pire encore aux röstis !

Pas du tout, ceux qui vont se trouver devant une cure d’amaigrissement : ce sont les travailleurs frontaliers. Le texte vise à favoriser l’embauche de chômeurs en Suisse, plutôt que de recourir à de la main d’œuvre étrangère. Les entreprises devront transmettre obligatoirement leurs offres d’emploi aux Offices Régionaux de Placement (ORP) et attendre cinq jours avant de pouvoir utiliser un autre canal de recrutement. Cette obligation vaudra pour les catégories professionnelles qui affichent un taux de chômage d’au moins 8%. Ce seuil sera abaissé à 5% dès 2020.

Avec cette préférence indigène light, la Confédération fait le grand écart entre une votation acceptée par le peuple demandant à limiter l’immigration et les accords bilatéraux avec l’Europe qui imposent la libre circulation des travailleurs.

Une fois accepté, et la pilule est amère, que la préférence indigène peut être validée par l’Union européenne, reste une difficulté majeure, la place des travailleurs frontaliers dans ce dispositif. Le droit européen prévoit qu’ils peuvent s’inscrire dans les Offices Régionaux de Placement, même s’ils sont indemnisés par leur pays de résidence. Dans les faits, très peu le font. La raison est toute simple, ils ne sont pas les bienvenus ! Dans la plupart des cas, l’accueil est glacial, et le frontalier comprend très vite qu’il n’obtiendra aucune aide. Le fait que le travailleur frontalier ait contribué pendant plusieurs décennies à la bonne santé économique du canton, qu’il ait apporté son savoir-faire et son dynamisme dans l’entreprise, tout ça ne compte pas. La reconnaissance peut aussi être très light chez nos voisins !

 

Rédigé par Jean-François Besson, Secrétaire général du GTE, et publié sur le Dauphiné Libéré.  #LaChroniqueDuFrontalier.

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