Suisse-UE : Mariage de raison

Mardi 13 Mars 2018

Suisse-UE : Mariage de raison

 

13/03/2018 

Voilà bien un couple en difficulté ! Il faut reconnaître que dès l'annonce des fiançailles, les tensions n'ont cessé de croître. Soyons clair, le mariage qui a suivi, n'est pas un mariage d'amour mais un mariage d'intérêt. La Suisse ne peut vivre sans l'Europe et l'Europe vit mal ce confetti au milieu de sa carte.

Il lui faut donc accepter une union d'autant plus embarrassante que le conjoint jouit d'une réussite économique insolente ! Depuis la conclusion de l'acte, en 2001 avec la signature des accords bilatéraux, les relations n'ont cessé de se tendre.

Certes il y a eu quelques belles embellies, quelques déclarations enflammées, mais le temps a fait son œuvre. Les conjoints se sont éloignés, et comme souvent dans ces cas-là, chacun découvre les défauts de l'autre. Alors, régulièrement le couple tente de se refaire une santé. Pas de week end en amoureux, certes non, mais une bonne séance de négociation avec toujours comme objectif de se retrouver enfin, pour vivre heureux, en harmonie. 

Mais voilà, la dernière tentative a soulevé un point sensible : la Suisse ne veut pas être soumise à la Cour de justice européenne, composée de juges… européens ! Autrement dit des étrangers ! Et comme son avocat, Ignazio Cassis, le ministre des affaires étrangères, veut absolument maintenir cette relation, il a trouvé la solution.

Berne propose la création d'un tribunal arbitral chargé de régler les disputes bilatérales qui n’auraient pas trouvé d'issue au sein du Comité mixte Suisse-Union européenne. Il fallait l'imaginer ! Une proposition alambiquée qui évidemment ne séduit que moyennement l'Union européenne. Mais comme nous sommes dans le cadre d'une union d’intérêt, il va bien falloir trouver un compromis. Et sur ce point, il faut bien admettre que l'un des deux excelle dans cet art.

Gageons que dans les semaines qui viennent, une solution sera trouvée. Un peu comme ces vieux couples où il y a trop d'intérêts en commun et qui ne peuvent se séparer.

 

Rédigé par Jean-François Besson, Secrétaire général du GTE, et publié sur le Dauphiné Libéré.

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