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Economiesuisse au secours des bilatérales

Lundi 03 Février 2020

Economiesuisse au secours des bilatérales

La Chronique Du Frontalier. 

La Suisse a peur. Ou plutôt la Suisse économique a peur. Le 17 mai prochain, nos voisins, fidèles à leur démocratie directe, vont voter sur une initiative qui veut résilier l’accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne. Une initiative lancée par le parti d’extrême droite UDC qui a recueilli suffisamment de signatures pour exiger ce vote.

Si jamais le peuple se prononçait en faveur de cette initiative, la Confédération serait dans l’obligation de mettre un terme à la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’Union. Or, dans ce cas, ce serait l’ensemble des accords bilatéraux, signé au début des années 2000, qui tomberait. En effet, lorsqu’ils ont été signés, les européens ont exigé que soit inscrite une clause guillotine qui stipule bien que, si l’un des accords est dénoncé par une des parties, c’est l’ensemble des accords qui sera caduque. Il semble difficile d’imaginer que l’Union européenne accepte de déroger à ce principe. Il serait très délicat pour l’Union de créer un précédent au moment où les négociations avec le Royaume Uni vont s’ouvrir dans le cadre du Brexit.

Problème pour le monde économique helvète, les européens absorbent 51% de ses exportations et fournissent 65% de ses importations. Qu’elle le veuille ou pas, la Suisse ne peut pas se fâcher avec ses proches voisins. Imaginer compenser de grosses pertes sur le marché européen par une forte augmentation des flux vers les Etats-Unis ou la Chine est une illusion. Economiesuisse, l’association qui rassemble tout le gratin de l’économie suisse, l’a bien compris et lance une campagne puissante contre l’initiative de l’UDC. Pour Heinz Karrer, son Président, il s’agit là de la "mère des batailles". Une appellation quelque peu militaire mais qui prouve bien l’importance de l’enjeu. Un vote qui pourra avoir aussi des conséquences dans notre région.

Une Suisse coupée de l’Europe, économiquement affaiblie, ne serait pas une bonne nouvelle, ni pour les régions frontalières ni bien sûr pour les travailleurs frontaliers !

 

Rédigé par Jean-François Besson, Secrétaire général du GTE, et publié sur le Dauphiné Libéré.
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