Navettes lacustres : vers quels choix pour 2027 ?

À l’automne 2025, l’annonce d’une réduction des navettes lacustres sur le Léman entre la France et la Suisse a suscité une forte inquiétude chez les frontaliers du Chablais. La mise en œuvre, envisagée dès décembre 2025, a conduit à l’ouverture rapide d’échanges entre usagers, élus, collectivités et la CGN (Compagnie Générale de Navigation).
Le Groupement transfrontalier a ainsi organisé le 31 octobre 2025 à Annemasse une réunion réunissant l’ensemble des parties prenantes afin d’établir un diagnostic commun et d’identifier des pistes d’adaptation de l’offre de transport lacustre.
Une nouvelle réunion s’est tenue le 9 juin 2026 à Lausanne, à l’initiative de la Conseillère d’État vaudoise Nuria Gorrite, en présence de la CGN, d’élus français (dont la Maire d’Évian), de représentants du Canton de Vaud et d’associations d’usagers..
Des hypothèses d’ajustement pour 2027
Les scénarios présentés restent des hypothèses de travail, mais donnent une tendance claire :
Ligne N1 Évian – Lausanne
- Maintien global de l’offre actuelle
- Suppression envisagée des dernières traversées (soir en semaine et week-end)
Ligne N2 Thonon – Lausanne
- Deux rotations en moins
- Nouvelle organisation : dernier bateau stationné à Thonon
- Départ plus matinal depuis Thonon
Ligne N3 Nyon – Yvoire
- Offre inchangée à ce stade
Ces ajustements visent à adapter les horaires des bateaux CGN sur le Léman à la fréquentation, en particulier sur les créneaux tardifs.
Financement des navettes du Léman : un enjeu clé dès 2028
Au-delà de 2027, la question du financement des liaisons lacustres transfrontalières devient centrale.
La création d’un groupement d’exploitation (GEC) est envisagée à l’horizon 2028 pour assurer un financement pérenne côté français. Ce dispositif pourrait inclure :
- le Département de la Haute-Savoie
- la Région Auvergne-Rhône-Alpes
- les agglomérations de Thonon et d’Évian
- éventuellement l’État
Côté suisse, le Canton de Vaud se dit prêt à adapter sa participation financière, avec une limite fixée à 50 % du coût total du service.
Transport des frontaliers : un équilibre franco-suisse à préserver
Dans un contexte de hausse des coûts et de contraintes budgétaires, l’enjeu est de maintenir une alternative durable à la voiture pour les frontaliers entre la France et la Suisse.
Les navettes lacustres du Léman jouent un rôle clé pour :
- la mobilité quotidienne des travailleurs frontaliers
- la réduction du trafic routier
- l’équilibre entre territoires français et suisses
Position du Groupement transfrontalier
Le Groupement transfrontalier soutient toute solution permettant de :
- stabiliser l’offre de transport lacustre
- pérenniser les liaisons CGN
- répondre aux besoins des frontaliers du Chablais
L’objectif reste clair : garantir un service fiable, durable et adapté aux déplacements transfrontaliers.
Ce qu’il faut retenir
- Ajustements de l’offre envisagés dès 2027, encore à l’étude.
- N1 (Évian–Lausanne) : maintien global, possible suppression des dernières courses.
- N2 (Thonon–Lausanne) : deux courses en moins, organisation modifiée.
- N3 (Nyon–Yvoire) : pas de changement prévu.
- Horizon 2028 : création envisagée d’un groupement d’exploitation pour sécuriser le financement.
- Participation suisse plafonnée à 50 % du coût total.
- Mobilisation attendue des acteurs français.
- Objectif : pérenniser un service adapté aux besoins des frontaliers.