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Admission à l’Université de Genève depuis la réforme du baccalauréat : ce qu’il faut retenir

L’Université de Genève se présente comme une option de choix pour les élèves frontaliers, selon qu’ils soient suisses ou qu’ils optent pour une université proche de leur lieu de résidence. Pour y accéder avant la réforme du baccalauréat, l’orientation L, ES ou S était demandée, avec une moyenne aux examens finaux de 60%, soit 12/20. L’école d’interprétation et la faculté de médecine avaient – et ont toujours - des exigences supplémentaires, à savoir un examen d’admission pour la première et des critères de résidence ou de nationalité pour la seconde, auxquels répondent fort heureusement les élèves frontaliers.

Depuis la réforme du baccalauréat...

Mais depuis la première volée du nouveau baccalauréat, l’Université de Genève a dû adapter ses critères d’acceptation et exige, toutes facultés confondues, un enseignement général avec les six branches de base suivies durant les trois années de lycée. Celles-ci sont : la LV1 et les mathématiques, un choix parmi les sciences (SVT et physique-chimie), la LV2 et les sciences sociales (histoire, géographie et EMC), ainsi que la philosophie et l’informatique. Jusque-là, rien à redire car ces matières font de toutes les façons partie de l’enseignement obligatoire du baccalauréat général. Mais là où le bât blesse, c’est au niveau des choix exigés, à savoir : spécialité mathématiques ET spécialité SVT ou physique-chimie en première. Et bien évidemment spécialité mathématiques ou option mathématiques en terminale, ET spécialité SVT ou physique-chimie. Les facultés des sciences et de l’économie et management recommandent en plus le choix de la spécialité mathématiques au lieu de l’option mathématiques complémentaires en terminale.

... des problèmes liés aux spécialités 

Cela fait beaucoup d’informations à retenir et on n’y voit à priori pas de problème particulier, surtout lorsque l’on est un scientifique chevronné. Mais à y regarder de plus près, ces choix particulièrement scientifiques (j’ai bien vu les regards angoissés des élèves à l’évocation de la spécialité mathématiques) ne s’expliquent pas lorsque la faculté choisie est celle de lettres ou de droit. Si demander spécialité mathématiques ou spécialité physique-chimie semble tout à fait approprié pour une passionnée de physique nucléaire, pourquoi exiger de son voisin de table d’être un as en équations exponentielles s’il rêve d’être juriste ou professeur en langues orientales ?

Un plus grande adaptabilité dans l'orientation...

Le but de la réforme du baccalauréat était une plus grande adaptabilité aux choix d’orientation de plus en plus diversifiés des lycéens. Mais ces nouveaux critères de l’Université de Genève limitent drastiquement ces options pour celles et ceux qui désireraient y effectuer leurs études supérieures, et les mettent en double situation d’échec car non seulement choisir deux spécialités scientifiques est fastidieux pour un littéraire et pourrait baisser sa moyenne, mais les lacunes en matières littéraires pourraient le pénaliser dans la suite de ses études. Pour rappel, seules deux spécialités sont conservées en terminale sur les trois choisies en première.

... ou vers un durcissement à l'entrée de l'université

D’après l’article du 30.08.2020 paru dans LE MATIN DIMANCHE, l'institution reconnaît que c'est un « durcissement » car elle « acceptait les étudiants des trois séries du bac : L, S et ES ». Ces dernières ont disparu au profit d'un tronc commun sans mathématiques, devenues une des onze « disciplines de spécialité » à choix. Pour l'Université, «au-delà de la moyenne obtenue, ce sont les branches étudiées qui importent lorsqu'on compare le baccalauréat français et la maturité helvétique ». L'exigence de la mention « assez bien » subsiste toutefois. Quant à la question de la réussite des études, la différence entre Français et Suisses n'est pas jugée significative : « Le taux d'obtention du bachelor des titulaires de baccalauréat français (S et ES) est d'environ 52%. Il se situe entre celui des titulaires de maturité fédérale (42%) et de maturité cantonale (60%) ». Notons que, contrairement à ce qui est mentionné dans l’article, les mathématiques sont maintenues dans la matière obligatoire « enseignement scientifique-mathématiques », et intégrées aux applications scientifiques.

Même son de cloche dans les autres universités suisses, car les exigences de base sont dictées par Swissuniversities. En revanche, les Universités de Fribourg et de Lausanne remplacent volontiers la note minimale de 12/20 par l’attestation d’admission d’une université française. Se pose aussi la question des autres universités signataires des accords de Bologne. La plupart ont maintenu les anciens critères d’admission et regardent les notes au cas par cas selon la faculté choisie, à l’instar de l’Université de Saint-Andrews, réputée pour ses spécialités d’Histoire et de langues étrangères, qui met l’accent sur les options littéraires.

L’idéal serait donc une palette de choix adaptée à la faculté choisie. Afin de laisser les spécialistes définir de telles modalités, le GTE interviendra auprès de Swissuniversities et de l’Université de Genève pour demander d’une part la révision des critères d’admission, et d’autre part l’opportunité d’une année transitoire pour que les jeunes gens sortant de la première volée de ce nouveau baccalauréat en juin 2021 puissent s’inscrire à l’Université de Genève avec 12/20 de moyenne.

 

Ecrit par Houda Khattabi

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