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Comment parler de son burn out en entretien ?

L’épuisement professionnel, appelé plus communément burn out, résultant d’un stress chronique, est devenu omniprésent dans le monde professionnel. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité, un tiers des travailleurs européens se plaignent de problèmes de santé liés à un travail stressant, les chiffres sur le
nombre de personnes en burn out sont sans cesse en progression.

Je pratique le coaching de carrière pour aider les personnes, lors d’une transition, reconversion professionnelle, dont l’origine est parfois liée à cette douloureuse expérience qu’est le burn out. Les individus sortant de cette phase de burn out après un suivi adéquat peuvent se sentir prêts à reprendre une activité professionnelle. Le travail thérapeutique et le coaching peuvent par exemple révéler un besoin de changement d’emploi conjugué avec un équilibre vie privée, vie professionnelle.

Dois-je parler de mon burn-out en entretien ?

Lors de mes accompagnements, dans ce processus de recherche d’un nouveau job, je suis régulièrement interpellée sur cette question : « Dois-je parler de mon burn out en entretien ? » Sous-entendu : « Quelles pourraient être les réactions d’un recruteur ?
Serait-ce un frein pour décrocher ce nouvel emploi ? »

D’après ma vision de coach, spécialisée en RH, il me semble compliqué de se positionner sur ce sujet. Chaque recruteur, au travers de son histoire, ses croyances, ses valeurs, sa culture, aura une réaction qui lui est propre.

De plus, les dirigeants, cadres ou RH sont parfois démunis face à ce mal encore méconnu et tabou.

Nous ne pouvons pas considérer qu’il existe une bonne ou mauvaise manière d’aborder ce sujet, chacun doit pouvoir jouir d’une liberté pour verbaliser cette phase difficile.

En revanche, il est certain qu’évoquer son burn out en entretien demande d’être prêt et préparé. Lors de nos séances préparatoires aux entretiens, nous travaillons sur les peurs, les craintes engendrées par ces questions dans le but de les transformer ou les libérer.

Pour cela, je propose, entre autres, une technique issue de la PNL (Programmation Neuro Linguistique) : la dissociation, afin d’aider le sujet à se dissocier de l’impact émotionnel limitant d’une situation,
lorsqu’il a repéré un déclencheur (voir, entendre).

Avec méthode, je guide le sujet en identifiant et ancrant une ou plusieurs ressources : confiance, force, sécurité. La situation problématique est revue par le sujet « dissocié » en utilisant la métaphore du cinéma et en actionnant l’ancre des ressources. Un test et un pont vers le futur permettent de vérifier qu’aucune réaction émotionnelle négative n’est suscitée si le sujet se retrouve dans une situation problématique à venir. Cette pratique efficace permet de modifier l’état interne de la personne, et notamment le stress lors d’un entretien d’embauche.

Comment aborder les "trous" dans le CV ?

La période d’inactivité sur le CV peut engendrer un questionnement chez le recruteur, il n’est pas nécessairement utile d’aborder ce sujet de son propre gré. 

Celui-ci pourra offrir un espace de parole suffisamment ouvert, qui inspirera la confiance auprès du candidat. Cette relation de qualité qui se créera dès les premières minutes sera aussi la base d’une future collaboration pérenne et solide.

Le candidat pourra opter pour une réponse factuelle et concise, expliquer cet épisode difficile, calmement sans se justifier. Le travail préparatoire aux réponses à ces questions le rendra plus à l’aise et
évitera les débordements émotionnels.

Le langage non verbal doit être aussi considéré dans la préparation aux entretiens, afin de garder la congruence entre ce qui est dit et ce qui est observable (gestuelle, mimiques, ton de la voix…) par son interlocuteur.

Cette étape de vie douloureuse est aussi synonyme d’apprentissages pour les personnes. Apprendre à dire « stop », verbaliser, organiser et gérer son temps et son stress limite le risque des rechutes. Elles savent plus précisément ce qui est important et ce qu’elles veulent, leurs choix sont mûrement réfléchis.
La tendance actuelle de nombreuses entreprises c’est d’être attentif à la santé au travail, celles-ci sont de plus en plus sensibilisées à la qualité de vie de leurs collaborateurs. Elles sont conscientes que personne n’est à l’abri de ce problème.

Le burn out n’est pas considéré comme maladie professionnelle, les personnes s’en sortent avec du soutien et la reprise du travail participera à la guérison.
Les victimes du burn out en sortent généralement plus « fortes », motivées et engagées, elles deviennent conscientes de leurs limites et sauront se protéger dans leur futur professionnel. Elles seront
même plus fiables que des personnes qui n’ont pas vécu un burn out.

Des professionnels : coachs, consultants, thérapeutes sont là pour accompagner les sociétés comme les candidats, quels que soient les parcours, au travers d’un processus de recrutement et d’intégration
spécifique, dans l’intérêt de tous.

Osons parler du burn out, ce n’est plus un sujet tabou !

Article écrit par Sandrine Fourgnaud
Bénévole auprès du GTE et de la MTE
Formatrice, coach certifié, Praticien PNL
Human's Care Sarl

 

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