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Le Pays de Gex : si loin, si près

Mardi 02 Octobre 2018

Le Pays de Gex : si loin, si près

Il existe tout près de chez nous, isolé, méconnu par beaucoup et surtout par les grandes administrations un petit village d'irréductibles, non pas Gaulois, mais Gessiens.

Pour ceux qui l'ignorent, le Pays de Gex c'est cette bande de terre, coincée entre le Jura et le lac Léman et frontalière avec la Suisse, la Haute-Savoie et l'Ain, son département d'affiliation. Département auquel il tourne le dos, tant la vie quotidienne aussi bien pour le travail, les loisirs ou la culture s'oriente plutôt vers la voisine helvète ou haut-savoyarde. Bref, un anachronisme géographique et politique.

Mercredi dernier, à l'initiative de leur Falbala locale, la députée Olga Givernet, nos irréductibles gessiens se sont retrouvés pour débattre de la santé sur leur territoire. Il faut dire que, en la matière, le Pays de Gex ressemble plutôt à un désert. Nos 90 000 gessiens, par-delà leurs remparts ne peuvent qu’observer avec envie, les hôpitaux suisses et haut-savoyards. L’absence cruelle de médecins et de spécialistes rend le parcours de santé très compliqué. Absence résultant de problématiques nationales, le numerus clausus entre autres mais aussi de la très faible attractivité du territoire.

La fin de l'assurance privée des frontaliers qui a, de fait, ramené de nombreux clients dans les quelques cabinets locaux n'a pas arrangé la donne. D'autant que le Gouvernement de l'époque qui s'était engagé à prendre en compte la spécificité locale n'a pas donné suite. Le tropisme parisien n'est pas une légende. Vu de Lutèce les irréductibles gessiens n'ont pas à se plaindre, ils ont un hôpital à moins de 20 kilomètres ! Sans potion magique, nos gessiens n'ont d'autres solutions que de compter sur eux.

A l'instar de leur Asterix, le maire de Saint Genis Pouilly, Hubert Bertrand, les élus locaux se battent pour ouvrir des maisons de la santé et tentent d’attirer du personnel médical, allant jusque dans les facultés de médecine pour vanter les beautés de leur territoire.

Quand à Falbala, il lui faudra beaucoup de courage et de pugnacité pour obtenir des accords entre la Suisse et la France et faire que la santé devienne une réalité transfrontalière.

 

Rédigé par Jean-François Besson, Secrétaire général du GTE, et publié sur le Dauphiné Libéré.

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