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La Suisse forme ses immigrés

Mercredi 22 Mai 2019

La Suisse forme ses immigrés

La Chronique du Frontalier

Même si elle le souhaiterait bien, la Suisse ne peut échapper à la question de l'immigration. Comme un peu partout en Europe, l'extrême droite a fait de cette question un thème récurrent.

Un thème majeur pour nos voisins car il illustre l'une des ambiguïtés fondamentales de la Suisse. Pays riche, le PIB par habitant est le plus élevé au monde, pays fermé où le protectionnisme est un art, pays retranché dans ses frontières qui ne veut pas de l'Europe, la Suisse ne peut exister sans les immigrés. De tous temps, ils ont permis le développement du pays et l'accroissement de sa richesse. Nos voisins ont d'ailleurs un nom pour ces gens qui, issus de l'immigration, ont pu obtenir la nationalité helvète : les "secundos" !

La question de l'immigration divise profondément le pays. Un sondage illustre bien ce doute. 60% des Suisses pensent que leur pays devrait jouer un rôle de leader dans l'humanitaire mais 83.1% pensent que cette aide devrait se faire sur place. Deux tiers craignent qu'un trop grand nombre de réfugiés ne fasse baisser le niveau de bien-être du pays et près de la moitié serait prête à fermer les frontières.

Paradoxe supplémentaire, la Suisse va avoir besoin, dans les années à venir, d'une main d'œuvre qualifiée pour remplacer les nombreux baby-boomers qui partent à la retraite. La Confédération vient donc de lancer un vaste programme visant à former les réfugiés politiques présents sur son territoire. Depuis août 2018, 700 jeunes ont ainsi pu bénéficier d'un apprentissage ciblé. Devant les résultats très prometteurs de cette initiative, le Conseil fédéral a décidé de l'ouvrir à des jeunes ne bénéficiant pas de l'asile politique. Un préapprentissage d'intégration qui sera étendu aux métiers de l'information et de la communication. Comme souvent, notre voisin peut passer de l'ambiguïté au pragmatisme. Pas d'étrangers chez nous, mais ceux qui sont là, formons les car nous allons en avoir besoin pour faire tourner notre économie ! Et peut-être faudra-t-il en faire entrer d'autres rapidement, mais en toute discrétion !

 

Rédigé par Jean-François Besson, Secrétaire général du GTE, et publié sur le Dauphiné Libéré.
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